Le Message Originel de l’Islâm

Par Farid Gabteni

 

Préliminairement, je signale que dans ma traduction du Qorân, j’utilise toujours la majuscule en début de mot lorsqu’il s’agit de Dieu, de Ses Attributs et de Son Action, sauf dans certaines formes verbales négatives ; par exemple : « Dieu a fait Descendre le plus-excellent énoncé, un écrit plurivoque dédoublé, duquel s’hérissent les peaux de ceux qui appréhendent Leur Maître, puis s’adoucissent leurs peaux et leurs cœurs vers la Remémoration de Dieu ; cela est la Guidance de Dieu, Il Guide par lui quiconque Il Chose ; et quiconque Dieu Égare, alors il n’y a pour lui de guidant » (Qorân/Chapitre 39, verset 23) ; « (…) Et Dieu ne guide pas la communauté des obscurantistes (des injustes) » (Qorân/Chapitre 61, verset 7).
– En langue arabe, les mots “monde” et “savant” (Σâlam et Σâlim) ont la même racine (Σ-L-M) science, savoir, connaissance. Le monde est intimement lié au savoir, à la connaissance objective que l’on a de lui ; il n’existe qu’à travers cette information primordiale. Le monde réel ne peut être perçu qu’au moyen de la connaissance scientifique, toute échappatoire est subjective ; en résultent les mythes et les légendes, synonymes de fétichisme et de superstition. C’est ainsi que les anciens, sauf exceptions, ont conçu des mondes fabuleux et imaginaires de manière spéculative, sans véritables fondements scientifiques. Néanmoins, et à leur crédit, ils avaient cette conscience, spécifiquement intelligente, que le monde a un sens et une raison d’être. C’est cet état de fait qui est à l’origine de la recherche scientifique et de ses résultats que nous constatons de nos jours et tous les jours.
– En langue arabe, les mots “assurance”, “foi” et “croyance” (îmân, إیمان) ont la même racine (A-M-N) : assurance, sûreté, sécurité. Dans le langage qoranique, la foi s’acquiert par le savoir, en s’assurant et en assurant ; il s’agit bien plus que d’une croyance vague et relative. Dieu Est Évident, rationnellement, on ne peut qu’en témoigner ; et le témoignage doit se faire en connaissance de cause, en toute science et conscience. Le croyant, que je traduis par l’assurant, s’assure et se sécurise, en s’instruisant du Fait de Dieu ; c’est ainsi qu’il devient sécurisé et sécurisant, assuré et assurant (mu’min, مؤمن).
– En langue arabe, le mot “religion” (dîn, دین) exprime le sens d’approximation, d’obligation, de devoir et de dette, en l’occurrence, c’est la créance due à Dieu ; par conséquent, je traduis religion par créance.
– En langue arabe, les mots “injustice” et “obscurité” (ẓulm, ẓulmah, ظﻠم ظﻠﻤﺔ) ont la même racine (Ẓ-L-M). Une logique inhérente à la langue arabe explique le lien entre injustice et obscurité : dans l’obscurité on agit sans justesse, on manœuvre à l’aveuglette, on déplace les choses de manière incorrecte, on dévie, on s’égare et on égare ; ainsi l’obscuré est obscurci, il apprécie et agit injustement, il devient lui-même obscurcissant. Par conséquent, je traduis le mot injuste par obscurantiste.
Étymologiquement, en langue arabe, l’Islâm (الإسلام) signifie la Pacification : l’action de pacifier, d’établir, de rétablir et de maintenir la paix ; la soumission par la paix à Dieu. L’Islâm est l’activation de la paix (al-silm, al-salâm, السّلم السّلام) : celui qui se soumet à Dieu se pacifie (yuslim, يسلم), fait cesser les troubles de son esprit, les mouvements de révolte en lui et autour de lui ; il est pacifié, musulman (muslim, مسلم), et pacifiste (mussâlim, مسالم) : il aspire à la quiétude, à la sûreté et à la tranquillité, il n’est pas pour, ou dans, le trouble et la révolte ; en conséquence, il acquiert un cœur paisible (salîm, سليم), sain et saint, en paix avec Dieu et Sa Création.
Le contexte historique de l’avènement de l’Islâm partage certains points communs avec notre époque. De même qu’aujourd’hui, le monde connu était dominé, au début du septième siècle, par des puissances antagonistes, les empires perse et byzantin. Il existait d’autres civilisations, tels les grands peuples de l’Inde et de la Chine, sans oublier les civilisations précolombiennes, d’autres pays riches et d’autres pays pauvres. Il y avait aussi des peuples frustes et des tribus qui, depuis des siècles, perpétuaient les mêmes modes de vie, comme subsistent de nos jours quelques groupes vivant en marge de la civilisation…
Les préoccupations d’ordre philosophique et les croyances religieuses des tribus d’Arabie étaient très archaïques comparées aux religions existantes, qu’elles soient monothéistes, Judaïsme, Christianisme et Zoroastrisme, alors répandus dans le monde connu, jusque dans les régions les plus reculées du désert d’Arabie, ou considérées comme polythéistes, Taoïsme, Shintoïsme, Hindouisme, Bouddhisme…
Le polythéisme et l’idolâtrie qui régnaient dans les tribus d’Arabie étaient tels que les représentations des dieux étaient elles-mêmes considérées comme réellement divines, et personnifiées en tant que telles. Et même si leurs adeptes croyaient en un Dieu des dieux, celui-ci n’était pas assuré de sa supériorité, il était mis en compétition avec les divinités mineures qui, bien souvent, étaient plus vénérées que lui. Le degré d’évolution des Arabes, donc, comparé à celui des grandes civilisations de leur temps, était très fruste.
Le contexte historique, religieux et socioculturel dans lequel vécut Mohammed (570-632), sceau des Prophètes, est comparable à celui d’Abraham, père des musulmans. Celui-ci vécut à une époque où les sacrifices humains, particulièrement d’enfants, n’étaient pas rares. Dans l’Arabie du début du septième siècle, la pauvreté conduisait certains à tuer leurs enfants. D’autres enterraient leurs filles vivantes, par honte ou par peur du déshonneur, surtout si elles étaient premières-nées. Il arrivait aussi que l’on immole un premier ou un dernier-né mâle, à la suite d’une promesse faite à une idole. Ainsi, l’Islâm surgit là où dominait l’obscurantisme de l’ignorantisme, dans le désert.
À l’origine, un homme, Mohammed, auquel les idoles répugnaient. Il était surnommé al-amîne : “l’assureur, le digne de confiance”. C’est à lui que Dieu accorda la Révélation, par l’intermédiaire d’un ange, Gabriel (Jibrîl). Mohammed se trouvait dans une grotte nommée Ḥirâ’, dans laquelle, depuis cinq ans, il se réfugiait pendant le mois de ramaḍân, pour y réfléchir sur la création des cieux et de la terre. Quant au reste de l’année, il gérait les affaires de sa femme et accompagnait des caravanes à travers le désert.
Dieu choisit toujours des hommes humbles, mais non ordinaires. Il leur accorde de sa lumière, c’est-à-dire de sa science, et Il en fait des guides, des modèles, des exemples, pour ceux qui savent réfléchir et raisonner. En choisissant Mohammed, Dieu a distingué un homme qui vivait tout à fait normalement et simplement, et Il lui a révélé, comme à tous les Prophètes, qu’Il Est son Dieu, Le Dieu de tous les hommes, de toute la création. Il Est Le sans-début-ni-fin, Il Est, Il Était, Il Sera toujours ; Il Est un Trésor caché, Il Crée et Se fait Connaître. Dans le Qorân, il est dit : « Et comme cela Nous avons Révélé vers toi un esprit de Notre Ordre, tu ne saisissais ce qu’est l’écrit et ni l’assurance (foi, croyance), mais Nous l’avons Formé lumière, Nous Guidons par elle quiconque Nous Chosons de Nos Serviteurs (…) » (Qorân/Chapitre 42, verset 52) ; « Et tu ne relatais d’écrit, d’avant lui [le Qorân], et ne le traçais par ta droite (…) » (Qorân/Chapitre 29, verset 48).
Dieu lui donna la lumière, la science contenue dans le Qorân, le Livre Discernant (al-furqân) : le Livre de Dieu, afin qu’il le transmette aux hommes. Riche grâce à sa femme, estimé de ses parents et amis, considéré par ses concitoyens, Mohammed, devenu le dépositaire de la vérité, allait être éprouvé par le mal et par le bien, comme tous les Envoyés et Prophètes de Dieu avant lui, comme tous les justes, comme tous les hommes. « Et assurément la dernière [l’au-delà] est meilleure pour toi, que la première [l’ici-bas] Et assurément, distanciement, te Donnera Ton Maître, alors tu agréeras Ne t’a-t-Il Trouvé orphelin (privé), alors Il a Réfugié ? Et Il t’a Trouvé égaré, alors Il a Guidé Et Il t’a Trouvé haussier (courtier), alors Il a Enrichi Alors quant à l’orphelin (privé), alors n’opprime Et quant au quêteur, alors ne reflue Et tant par la Grâce de Ton Maître, alors énonce » (Qorân/Chapitre 93, versets 4 à 11).
Mohammed reçoit un nouveau Livre Révélé, le Qorân. Celui-ci crédibilise, restaure et complémente les révélations antérieures, il est dans la continuité du Message divin transmis par chaque Prophète, en son temps et à son peuple. En cela, Mohammed est le sceau des Prophètes, avec lui la Créance, la Religion est parachevée, le monothéisme est fixé définitivement. « Mohammed n’était le père d’aucun de vos hommes, mais l’Envoyé de Dieu, et le sceau des annonciateurs (prophètes) ; et Dieu était, de toute chose, Savant » (Qorân/Chapitre 33, verset 40) ; « (…) Ce jour J’ai Complémenté pour vous votre créance (religion) et J’ai Parfait sur vous Ma Grâce, et J’ai Agréé pour vous la Pacification (l’Islâm), créancier (religiosité) (…) » (Qorân/Chapitre 5, verset 3) ; « Certes la créance (religion) Chez Dieu est la Pacification (l’Islâm) (…) » (Qorân/Chapitre 3, verset 19).
Dès lors, le polythéisme qui, malgré l’émergence des religions monothéistes, restait largement prépondérant depuis les temps les plus reculés, se mit à décliner. De nos jours, avec l’essor sans précédent des sciences, le thème central, même et surtout chez les savants, c’est Dieu L’Unique : « AU NOM DE DIEU L’ORIGINE L’ARRANGEANT. Dis : “Il Est Dieu Unique Dieu L’Absolu Il n’a enfanté et Il n’a été enfanté Et Il n’a eu pour Lui un comparable, aucun” » (Qorân/Chapitre 112, versets 1 à 4).
« (…) Ce jour J’ai Complémenté pour vous votre créance (religion) et J’ai Parfait sur vous Ma Grâce, et J’ai Agréé pour vous la Pacification (l’Islâm), créancier (religiosité) (…) » (Qorân/Chapitre 5, verset 3). Ce verset est le dernier à avoir été révélé, le point final de la Révélation. L’Islâm, dernière religion révélée, était entier et agréé comme tel à partir de ce jour. Tout ajout postérieur à cette révélation relève des multiples circonstances de l’histoire des musulmans, et ne peut être considéré comme faisant partie du canon de l’Islâm. Dire le contraire, c’est énoncer que la Religion n’a pas été complémentée à la révélation de ce verset, contrairement à ce qu’il affirme.
Ainsi, depuis Âdam, premier humain, jusqu’à Mohammed, sceau des Prophètes, en passant par Abraham, Moïse et Jésus, le Message divin a toujours été le même, véhiculé sous différentes formes et parachevé avec l’Islâm.
Avec le Qorân, Mohammed recevait la dernière religion mais toujours le même message : Dieu t’a doué de raison, étudie le passé et le présent, apprends par la science et la connaissance, observe le ciel, les astres, la terre, la mer, la vie, la mort, toute chose petite et grande. Alors, tu connaîtras, tu Le connaîtras, tu pourras alors témoigner qu’il n’y a de dieu que Dieu, et tu sauras comment et pourquoi vivre. Tu n’adoreras pas, tu ne serviras pas d’autres “dieux” que Dieu L’Unique, Le Vrai, ainsi tu œuvreras avec équité et bonté, tu ne feras pas le mal, tu ne corrompras pas en la Création. Tu agiras ainsi, car tu sauras qu’Il Est Dieu et qu’Il est Celui qui Crée et qui Juge.
« Dieu Est La Lumière des cieux et de la terre. L’exemple de Sa Lumière est comme un foyer ; en lui une lampe, la lampe est en une lanterne, la lanterne est comme une étoile atomistique attisée d’un arbre Béni, olive, ni oriental (ni splendide) et ni occidental (ni terne), son huile feinte de flamboyer et [même] si un feu ne l’a touché : lumière sur lumière. Dieu Guide pour Sa Lumière quiconque Il Chose, et Dieu Applique les exemples pour les gens ; et Dieu, de  toute chose, Est Savant » (Qorân/Chapitre 24, verset 35) ; « Certes Nous avons fait Descendre sur toi l’écrit, pour les gens, par le vrai ; alors quiconque s’est guidé, alors c’est pour son être, et quiconque s’est égaré, alors certes qu’il s’égare sur lui ; et tu n’es sur eux par un mandant » (Qorân/Chapitre 39, verset 41).
« Alors adresse ta face, pour la créance (religion), converti, Façon de Dieu, celle sur laquelle Il a Façonné les gens, non changement pour la Création de Dieu ; cela est la créance (religion) dressée, mais la plupart des gens ne savent » (Qorân/Chapitre 30, verset 30). Religion de la bonne et belle œuvre, du juste milieu, de la modération, l’Islâm est la religion de la science, de la connaissance de Dieu par Sa création. L’un des éléments, et non des moindres, qui distingue le Qorân des révélations antérieures est son insistance sur les notions de science et de connaissance. D’ailleurs, le premier mot de la Révélation à Mohammed fut : « Iqra’ ! (Lis !) » ; « Lis Par le Nom de Ton Maître, Celui Qui a Créé A Créé l’humain d’une adhérence Lis, et Ton Maître Est Le Plus-Abondant Celui Qui a fait Savoir par le calame A fait Savoir à l’humain ce qu’il ne savait » (Qorân/Chapitre 96, versets 1 à 5).
Quant au premier homme désigné comme humain, c’est Âdam et la première fois qu’il est cité dans le Qorân, Dieu dit : « Et Il a fait Savoir à Âdam les noms, tous. (…) » (Qorân/Chapitre 2, verset 31). Il est ainsi clair que, dans le Qorân, le début de l’être humain est lié à la connaissance. La première chose de Dieu, que reçut Âdam, c’est le savoir de tous les noms, et le premier ordre de Dieu à Mohammed fut : « Lis ! ». Le Message de Dieu à l’homme, depuis le début jusqu’à Mohammed et jusqu’à la fin des temps, c’est : Lis, apprends, connais la création de Dieu, pour connaître Dieu et agir en conséquence ; c’est-à-dire bien et avec bonté, car tu seras jugé. Et le Jour de la Résurrection : « (…) Ceux à qui a été Rapporté le savoir ont dit : “Certes l’avilissement, ce jour, et la souillure sont sur les dénigrants” » (Qorân/Chapitre 16, verset 27) ; « Et ceux à qui ont été Rapportés le savoir et l’assurance (foi, croyance) ont dit : “Assurément déjà vous êtes demeurés en l’Écrit de Dieu vers le jour de la résurrection, alors ceci est le jour de la résurrection ; mais vous ne saviez” » (Qorân/Chapitre 30, verset 56). C’est dire à quel point le savoir constitue le premier commandement de Dieu dans l’Islâm.
Dans le Qorân, très nombreux sont les versets qui valorisent la réflexion, le raisonnement et mentionnent les savants : « (…) alors narrativise la narration ; peut-être réfléchiront-ils ! » (Qorân/Chapitre 7, verset 176) ; « (…) et tels exemples, Nous les Appliquons pour les gens ; peut-être réfléchiront-ils ! » (Qorân/Chapitre 59, verset 21) ; « (…) comme cela Nous Détaillons les signes, pour une communauté [de ceux] qui réfléchissent » (Qorân/Chapitre 10, verset 24) ; « (…) Comme cela Dieu Explicite pour vous les signes (versets) ; peut-être réfléchirez-vous ! » (Qorân/Chapitre 2, verset 219) ; « Ceux qui remémorent Dieu, dressés et fondés et sur leurs côtés, et réfléchissent en la création des cieux et de la terre : “Notre Maître ! Tu n’as créé ceci faussement ; Gloire à Toi ! Alors Prémunis-nous du tourment du feu” » (Qorân/Chapitre 3, verset 191).
« Il Est Celui Qui a Formé le soleil flamboiement, et la lune lumière et Il l’a Mesurée descensionnelle ; pour que vous sachiez le nombre des années et le calcul ; Dieu n’a Créé cela que par le vrai ; Nous Détaillons les signes pour une communauté [de ceux] qui savent » (Qorân/Chapitre 10, verset 5) ; « Et de Ses Signes : la création des cieux et de la terre, et la divergence de vos langues et de vos couleurs ; certes en cela des signes pour les [mondes] savants » (Qorân/Chapitre 30, verset 22) ; « Et tels exemples, Nous les Appliquons pour les gens, et ne les raisonnent que les savants » (Qorân/Chapitre 29, verset 43) ; « (…) certes qu’appréhendent Dieu les savants de Ses Serviteurs ; certes Dieu Est Considérable, Pardonnant » (Qorân/Chapitre 35, verset 28) ; « Plutôt il est des signes explicites en les poitrines de ceux à qui a été Rapporté le savoir ; et ne dénient par Nos Signes que les obscurantistes (les injustes) » (Qorân/Chapitre 29, verset 49) ; « (…) Dieu Élève ceux qui ont assuré (cru) de vous et ceux à qui a été Rapporté le savoir, des degrés ; et Dieu, de ce que vous œuvrez, Est Informé » (Qorân/Chapitre 58, verset 11).
« Et ceux à qui ont été Rapportés le savoir et l’assurance (foi, croyance) ont dit (…) » (Qorân/Chapitre 30, verset 56). Dans ce verset, le mot “savoir” précède le mot “foi”, tous deux devant être considérés simultanément, l’un avec l’autre. En effet le résultat du savoir conjugué à la foi est la paix, la sérénité, un cœur paisible, sain et saint. Sans savoir ni discernement, toute croyance est tributaire des circonstances et de la passion, qui mènent au meilleur et/ou au pire ; l’Histoire nous le prouve.
En outre, pour être Musulman, il faut témoigner qu’il n’y a de dieu que Dieu. Et pour être un véritable témoin, pour pouvoir attester de la vérité, de la réalité, il faut un savoir, une connaissance des faits et des choses. Ce savoir acquis, on accède alors à la foi par la raison et le cœur, on devient humble dans la paix et l’amour de Dieu, on sait d’où l’on vient et où l’on va, on agit avec bienveillance et bienfaisance, on distingue le bien du mal, le vrai du faux. « Et pour que sachent ceux à qui a été Rapporté le savoir, que certes c’est le Vrai de Ton Maître, alors ils assurent (croient) par lui, alors s’ascétisent pour lui leurs cœurs ; et certes Dieu Est Assurément Guidant ceux qui ont assuré (cru) vers un itinéraire droit » (Qorân/Chapitre 22, verset 54).
Contrairement à la Bible et à la plupart des livres sacrés, qui relatent chronologiquement l’histoire de la création, du monde, de l’homme, des Prophètes et des Messagers, le Qorân lui, à part pour Joseph ou exceptionnellement, ne rapporte pas les événements d’un seul tenant, dans un chapitre donné, mais fragmentés et présentés de manière non linéaire, dans l’ensemble du corpus. Il ne s’agit pas de relater, forcément, des faits historiques en soi, mais de susciter la recherche, l’analyse et la réflexion scientifiques, qui hissent l’âme à l’Islâm. À l’opposé de ce que pensent et prêchent certains, le Qorân ne se présente pas comme un livre d’histoire, ni comme un code civil et pénal, au sens littéral des mots. Sa compréhension profonde passe par une analyse pluridisciplinaire rigoureuse, à la jumelle, à la loupe et au microscope. Il est la Révélation de Dieu, Sa Parole adressée à la raison et au raisonnement de l’homme.
« Et assurément déjà Nous avons fait Varier pour les gens, en ce Qorân (cornant), de tout exemple ; alors la plupart des gens [n’]ont opiniâtré que dénigrements » (Qorân/Chapitre 17, verset 89) ; « Si Nous avions fait Descendre ce Qorân (cornant) sur une montagne, assurément tu l’aurais vue révérencieuse, fissurée de l’appréhension de Dieu ; et tels exemples, Nous les Appliquons pour les gens ; peut-être réfléchiront-ils ! » (Qorân/Chapitre 59, verset 21).
De tous les Attributs dont Dieu se qualifie Lui-Même dans le Qorân, celui de Maître des Mondes, si souvent répété, quarante-deux fois sous cette forme, met en avant l’universalité de l’Islâm, la religion à laquelle sont invités tous les hommes. Dieu n’est pas le Maître du seul ciel et de la seule terre, Il est le Maître des Mondes : des cieux, de la terre et de ce qui est entre eux. Cet énoncé, s’il échappait partiellement à la compréhension des premiers musulmans, prend toute sa signification à la lumière des connaissances modernes. « Pharaon a dit : “Et qu’est-ce Le Maître des mondes ?” Il [Moïse] a dit : “Le Maître des cieux, et de la terre, et de ce qui est entre les deux ; si vous étiez certains !” » (Qorân/Chapitre 26, versets 23-24) ; « Certes Votre Dieu Est Assurément Un Le Maître des cieux, et de la terre, et de ce qui est entre les deux ; et Maître des orients (des splendeurs) » (Qorân/Chapitre 37, versets 4-5).
Au milieu de milliards de galaxies et de systèmes solaires, si les scientifiques se posent encore la question de savoir s’il y a d’autres êtres vivants dans l’Univers, le Qorân, lui, l’affirme : « Et pour Dieu se prosternent ce qui est en les cieux et ce qui est en la terre d’animé, et les anges (possesseurs) et eux ne s’enorgueillissent Ils ont peur de Leur Maître d’au-dessus d’eux, et ils font ce qui leur est Ordonné » (Qorân/Chapitre 16, verset 49-50).
Dans le désert, il y a plus de mille quatre cents ans, Dieu Révèle à Mohammed que ce Livre, le Qorân, ce rappel qu’Il adresse aux hommes, ne connaîtra pas d’altération, car c’est Lui Dieu qui le Préserve. Et en effet, le Qorân est aujourd’hui considéré par les spécialistes (scientifiques) comme le livre sacré le plus conforme à ce qu’il était à l’origine. « Certes Nous, Nous avons fait Descendre la remémoration et certes Nous Sommes, pour elle, assurément Conservant » (Qorân/Chapitre 15, verset 9). Cela fait, il reste encore à accéder au cœur de son message : « Certes il est assurément un Qorân (cornant) abondant En un écrit abrité Ne le touchent que les purifiants Descension du Maître des mondes » (Qorân/Chapitre 56, versets 77 à 80) ; « Plutôt il est Qorân (cornant) prestigieux En un perçu Conservé » (Qorân/Chapitre 85, versets 21-22).
Au temps du Prophète, chaque civilisation avait ses valeurs propres, et les notions du bien et du mal étaient différentes d’un peuple à l’autre. L’humanité a atteint, depuis la deuxième moitié du vingtième siècle, un haut niveau de civilisation et de connaissance ; les sciences et les technologies connaissent un essor sans précédent. Mais pour ce qui est de la faillibilité de l’homme : si le décor a changé, la mentalité est restée généralement la même. La corruption et le mal prédominent encore, ils ont pour noms : injustice, manipulation des masses, obscurantisme, misère, guerres, massacres, crises et trafics en tout genre, dégradation de l’environnement, extinction des espèces, pollution, changement climatique… « La corruption s’est manifestée en le sol et l’océan par ce qu’ont acquis les mains des gens, pour qu’Il leur fasse Goûter une partie de ce qu’ils ont œuvré ; peut-être reviendront-ils ! » (Qorân/Chapitre 30, verset 41).
De nos jours l’Islâm et les musulmans sont devenus la hantise du monde, le plus souvent on n’en parle qu’en termes de guerre, de terrorisme, d’immigrés ou de migrants. En Afrique, en Asie, en Amérique du Sud et ailleurs dans le monde, des forêts sont dévastées, des lacs et des rivières sont asséchés, des terres et des villages sont engloutis, des populations entières sont déplacées, des millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, des centaines de milliers sont victimes de la famine, de meurtres, d’enlèvements, du trafic d’organes, des millions de femmes sont battues et violentées, des centaines de milliers d’enfants sont esclaves… Cela, on n’en parle qu’au-delà d’un certain seuil dans l’horreur ; ou alors à l’occasion de la coupe du monde de football.
Autre paradoxe, tandis que l’Islâm rayonne s’étendant aux sphères scientifiques, le monde musulman actuel, lui, loin d’être le modèle à suivre, est à la dérive. Ces deux constats suffisent à prouver que l’Islâm se distingue par son originalité divine, des musulmans faillibles par nature. Et il est dit dans le Qorân : « Dieu Veut pour qu’Il Explicite pour vous et qu’Il vous Guide, les modes de ceux d’avant vous, et qu’Il Révise sur vous ; et Dieu Est Savant, Jugeant Et Dieu [ne] Veut que Réviser sur vous, et ceux qui suivent les désirs veulent que vous vous incliniez, une inclinaison immense Dieu [ne] Veut qu’Alléger de sur vous, et l’humain a été Créé faiblet » (Qorân/Chapitre 4, versets 26 à 28).
L’Islâm se manifeste ne serait-ce que numériquement, avec plus d’un milliard et demi de fidèles sur la planète et l’accroissement continu en nombre de ceux qui l’embrassent, ce qui en fera à terme la première religion sur la terre. L’avancée de l’Islâm, contrastant avec la dégénérescence de certains musulmans, s’explique par l’universalité de son message originel, que ne peuvent contenir les vicissitudes auxquelles sont confrontés les musulmans depuis des siècles. « Il Est Celui Qui a Envoyé Son Envoyé par la guidance et la créance (religion) du vrai, pour qu’Il la Manifeste sur toute créance (religion) ; et [même] si ça a contraint les associants » (Qorân/Chapitre 61, verset 9).
Simultanément, l’apparition du charlatan (الدجال) et du charlatanisme est désormais effective dans le monde ; ils ont pour caractéristique de se présenter par de faux-semblants de vertu et de piété. Nombreux sont ceux qui y croient, jusqu’à ce que la lumière de la connaissance, irrévocablement, se manifeste et permette de confondre ces forces obscures et malfaisantes. Sous le couvert d’un islam dénaturé par les ignorantistes, des fanatiques, corrupteurs de la foi, à l’aise dans l’ignominie, commettent les pires crimes contre Dieu et l’humanité. Dénaturant l’Islâm et toutes les valeurs morales, universelles, ils cultivent la discorde, la haine de l’autre, la violence et le sectarisme. S’il est indéniable que ces criminels démoniaques visent et menacent la civilisation dans son ensemble, les musulmans sont les premières victimes de leurs théories et de leurs pratiques cauchemardesques.
Certains, égarés, passent leur temps à s’entre-déchirer, souvent le plus sincèrement du monde. Les uns et les autres clamant “Dieu Est Le Plus-Grand !” et, dans un camp comme dans l’autre, ils prétendent défendre la juste cause de Dieu. Ils sont dans un état de restriction mentale par où l’ignorantisme perpétue l’obscurantisme, la superstition et la violence. Beaucoup sont devenus otages ou marionnettes d’un dogmatisme et d’un passé révolus. Que dire d’autre que : ” Lâ ḥawla wa lâ quwwata illâ billâh, pas d’environnement et pas de force que par Dieu ?”. « Dis : “Ô familiers de l’écrit ! Ne vous déchaînez en votre créance (religion), différents du vrai, et ne suivez les penchants d’une communauté [de ceux] qui déjà se sont égarés auparavant, et ont égaré beaucoup, et se sont égarés, de sur la justesse du chemin” » (Qorân/Chapitre 5, verset 77).
Après la mort du Prophète, en 632, et la grande subversion de 656- 680 (première discorde et guerre civile entre musulmans), depuis des siècles, les causes premières de l’étiolement et de la division de la communauté musulmane en factions proviennent de conflits purement politiques et du crédit considérable que celles-ci accordent aux recueils de traditions relatifs aux anciens et aux dires, faits et gestes du Prophète (le salaf, “précédent”, désignant par extension les docteurs musulmans des premiers siècles” , le ḥadîth, “énoncé”, désignant par extension ce que le Prophète aurait dit, et la sunnah ou sîrah, “mode”, “conduite”, désignant par extension la tradition du Prophète : ce qui est rapporté de sa conduite, de ses faits et gestes). En effet, chaque courant comprend le Qorân et l’Islâm selon ce qu’il retient de ces recueils, ce qui donne lieu à des interprétations, théologiques et jurisprudentielles, en fait sociopolitiques, souvent contradictoires. Les historiens, toutes disciplines confondues, énonciateurs (spécialistes des dires attribués au Prophète) compris, débattent encore aujourd’hui de la validité historique de ces traditions. Malgré cela, chez beaucoup de musulmans, elles prennent le pas sur le Qorân, devenant la source de ce qui les divise.
L’analyse scientifique de l’ensemble de ces recueils de traditions, datables de cent cinquante à deux cent cinquante-cinq ans après la mort du Prophète, nous apprend que ceux-ci n’offrent aucune garantie concrète de l’authenticité, de l’exactitude et encore moins de la précision des propos qu’ils rapportent. Constitués à partir de diverses chaînes de transmission orale, ils n’ont qu’une approche approximative des faits historiques. De quelques centaines de propos au départ, ils se sont multipliés en moins d’un siècle pour devenir des milliers. La narratologie, elle, nous démontre que les plus anciens de ces récits ont commencé à voir le jour à la fin du 7ème et au début du 8ème siècle (postérieurs à 680), ce qui coïncide avec la fin de la guerre civile. C’est à cette époque qu’apparaissent les divers courants de pensée politiques, théologiques et jurisprudentiels, qui sont à la base de toutes les traditions chez les musulmans.
Ces recueils de traditions sont donc conséquents à une multitude d’événements et circonstances vécus par les musulmans après la mort du Prophète, et représentent des conceptions idéologiques, politiques et sociologiques en rapport avec leurs époques. Les dévoyés et les adversaires de l’Islâm profitent de ces recueils au contenu incertain et les accréditent pour y puiser ce qui sert leurs desseins ; et c’est ainsi qu’ils déforment et dénaturent l’Islâm. En effet, certains récits dans ces recueils interprètent le Qorân grossièrement, voire à l’encontre du sens littéral et allégorique de ses versets, et attribuent au Prophète des prises de position, des comportements et des actes totalement opposés à son caractère et au Message de l’Islâm.
« Certes Dieu Ordonne par l’égalité et l’excellence et le rapport aux proches, et Il Réprime de sur la turpitude et le méconnaissable et la brigue ; Il vous Exhorte ; peut-être vous remémorerez-vous ! » (Qorân/Chapitre 16, verset 90) ; « Et ne soyez comme ceux qui se sont discernés et ont divergé après que leur soient venues les explicites ; et ceux-là ont un tourment immense » (Qorân/Chapitre 3, verset 105) ; « (…) et ne soyez des associants De ceux qui ont discerné leur créance (religion) et étaient propagandeurs, toute coalition, par ce qui est devers eux, contents » (Qorân/Chapitre 30, versets 31-32). Pourtant beaucoup se sont retranchés en de multiples factions, s’excommuniant mutuellement, délaissant le message originel et universel de l’Islâm, interprétant le Qorân sans boire à sa source, parce qu’ils en ont perdu et oublié le cœur, au profit de traditions incertaines, discutées et discutables. « Et des gens qui disputent en Dieu par différent de savoir et ni guidance et ni écrit illuminant » (Qorân/Chapitre 22, verset 8).
Sans vraiment tenir compte du message originel de l’Islâm, encore moins des données historiques et sociologiques ou des faits circonstanciels d’époque, de lieu, de cause et de but, les traditionalistes ressassent le ḥadîth, ce qu’aurait dit le Prophète, pour légitimer leurs idéologies et leurs interprétations du Qorân. Pourtant Dieu dit : « Et il n’allocutionne de sur le penchant Ce n’est que révélation qui est Révélée » (Qorân/Chapitre 53, versets 3-4). On constate par ces versets que l’on ne peut certifier comme allocution du Prophète que ce qui lui a été révélé par Dieu, à savoir le Qorân. En effet l’injonction de Dieu “Dis !” est répétée trois cent trente-deux fois dans le Qorân (dans la majorité des cas, cette injonction est adressée au Prophète). Et cette injonction divine, autant de fois réitérée, est inhérente à la transmission continue du message bien entendu (bien compris). Ce qu’a dit le Prophète de manière certaine, c’est ce que Dieu lui a ordonné de dire par révélation, dans le Qorân. « Tels les Signes (Versets) de Dieu, Nous les Relatons sur toi par le vrai, alors par quel énoncé (ḥadîthin) après Dieu et Ses Signes (Versets) ils assurent (croient) ? » (Qorân/Chapitre 45, verset 6).
Quant à la sunnah, la tradition, mode des faits et gestes du Prophète, on la trouve aussi, et plus authentiquement, dans le Qorân. Il y est qualifié d’homme de grande créativité, de moralité, on y trouve relaté ce qu’il doit dire ou faire ; comment il doit communiquer le Qorân, agir face aux situations qui se présentent à lui… Le Qorân précise même comment il doit se tenir, se comporter avec sa famille, son fils adoptif, les croyants et les hommes en général, y compris comment se marier ou divorcer. Le mot “sunnah“, mode, est cité seize fois dans le Qorân (quatorze fois au singulier et deux fois au pluriel), en référence à Dieu ou aux anciens avant le Prophète, pas une seule fois en lien avec Mohammed lui-même. C’est dire que lorsqu’un ḥadîth, une sunnah ou sîrah du Prophète sont avérés scientifiquement, ils doivent être considérés circonstanciellement.
Référons-nous donc au Livre de Dieu, pour tous les musulmans. Il est un verset incontournable, dont il faut absolument tenir compte pour une meilleure approche du Qorân : « Il Est Celui Qui a fait Descendre sur toi l’écrit, duquel des signes (versets) Adjugés (décisifs), eux sont la mère de l’écrit, et d’autres plurivoques ; alors quant à ceux qui en leurs cœurs ont une déviance, alors ils suivent ce qui s’est équivoqué de lui, briguant la subversion et briguant sa primexplication ; et ne Sait sa primexplication que Dieu et les ancrés en le savoir disent : “Nous avons assuré (cru) par lui, tout est de Chez Notre Maître” ; et ne se remémorent que les primés des quintessences » (Qorân/Chapitre 3, verset 7).
Ce verset, loin d’être anodin, est clair et précis, surtout pour le savant qui étudie l’ensemble du corpus. L’attention est attirée pour deux niveaux d’analyse, tout aussi importants l’un que l’autre, phrastique et transphrastique, du Qorân. Le premier concerne le fond même du Livre, immuable et intemporel, il est à la base du message originel de l’Islâm. Le deuxième concerne sa forme d’application, qui peut impliquer plusieurs significations, circonstancielles d’époque, de lieu, de cause et de but.
« Dieu a fait Descendre le plus-excellent énoncé, un écrit plurivoque dédoublé, duquel s’hérissent les peaux de ceux qui appréhendent Leur Maître, puis s’adoucissent leurs peaux et leurs cœurs vers la Remémoration de Dieu ; cela est la Guidance de Dieu, Il Guide par lui quiconque Il Chose ; et quiconque Dieu Égare, alors il n’y a pour lui de guidant » (Qorân/Chapitre 39, verset 23).
L’Islâm prêche la mesure et la modération en toute chose et pour chaque chose, loin de l’extrémisme et des extrêmes. « Et comme cela Nous vous avons Formés nation moyenne pour que vous soyez témoins sur les gens, et que l’envoyé soit témoin sur vous (…) » (Qorân/Chapitre 2, verset 143) ; « Et efforcez-vous en Dieu à Son Vrai Effort, Lui vous a Recueillis, et Il n’a formé sur vous en la créance (religion) d’embarras ; l’inclination de votre père Abraham, lui vous a nommés “les pacifiés (musulmans)” auparavant ; et en ceci, pour que l’envoyé soit témoin sur vous et que vous soyez témoins sur les gens » (Qorân/Chapitre 22, verset 78) ; « (…) Dieu Veut par vous la facilité et ne veut par vous la difficulté (…) » (Qorân/Chapitre 2, verset 185). Les musulmans doivent revenir au message originel de l’Islâm, celui d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Ils doivent se reconstruire en une communauté de juste milieu, la communauté de “Iqra’ “, de “Lie et Lis” par le Savoir de Dieu.
Ils doivent en premier lieu sortir de la torpeur et de la peur qui les accablent, et dénoncer énergiquement tout ce et tous ceux qui, par la haine et la violence, difforment leur religion. Il leur incombe de s’éveiller et de réhabiliter l’Islâm originel aux yeux du monde. La foi en Dieu est indissociable de la bonne et belle œuvre, simultanément, l’une avec l’autre. « Vous étiez meilleure nation, Sortie pour les gens : vous ordonnez par le convenable et réprimez de sur le méconnaissable et vous assurez (croyez) par Dieu. Et si les familiers de l’écrit avaient assuré (cru), assurément ç’aurait été meilleur pour eux ; d’eux, les assurants (les croyants), et la plupart d’eux, les pervers » (Qorân/Chapitre 3, verset 110) ; « Et l’époque ! Certes l’humain est assurément en perdition Sauf ceux qui ont assuré (cru) et œuvré les réformes, et se sont recommandés par Le Vrai et se sont recommandés par la patience » (Qorân/Chapitre 103, versets, 1 à 3).
L’homme, avec toutes ses connaissances, éprouve le besoin de nourrir son âme, sa quête spirituelle exige des réponses. Or la vague des sectes d’inspiration judéo-chrétienne ou extrême-orientale, dérivées du Bouddhisme ou de l’Hindouisme, a reflué. On a bien tenté de spiritualiser le matérialisme et inversement, mais le résultat n’a pas fait recette. Ce sera aussi le cas du sectarisme doctrinal des musulmans dévoyés. Par contre, l’Islâm, avec son message originel, et original, fera redécouvrir à l’homme son humanité et sa raison d’être ; telle est sa vocation universelle. « (…) et quiconque se prémunit de Dieu, Il Forme pour lui une sortie Et Il lui Attribue d’où il ne se calcule, et quiconque mandate sur Dieu, alors Il Est Son Calculateur ; certes Dieu fait Parvenir Son Ordre ; déjà Dieu a Formé pour toute chose une mesure » (Qorân/Chapitre 65, versets 2-3).
Le Soleil se lève à l’Occident (8ème édition – 2017),  SCDOFG

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